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Une perte déchirante : le décès du grand artiste Mohammad Bakri
Publié le mercredi 24 décembre 2025
Trés touché.e.s par le décès de Mohammad Bakri que nous apprenons ce 24 décembre 2025, nous publions ci-dessous le communiqué publié par le freedom Théâtre de Jenine. Mohammad Bakriavait été l’invité d’honneur du festival Palestine en vue et plusieurs de ses films avaient été selectionnés
dans différentes éditions du festival.
C’est avec une profonde tristesse et un immense chagrin que le Théâtre de la Liberté du camp de réfugiés de Jénine rend hommage à la communauté artistique palestinienne et arabe, ainsi qu’à ses admirateurs du monde entier, à l’occasion du décès du grand artiste palestinien Mohammad Bakri, qui nous a quittés après un parcours artistique et culturel exceptionnel qui a laissé une empreinte indélébile sur le théâtre et le cinéma palestiniens.
Mohammad Bakri est né le 27 novembre 1953 dans le village d’Al-Bi’ina en Galilée, en Palestine. Dès son plus jeune âge, il s’est consacré à enrichir son talent artistique, étudiant le théâtre et la littérature arabe, et obtenant son diplôme de l’université de Tel Aviv au milieu des années 1970. Dès ses débuts, Mohammad Bakri a incarné la lutte palestinienne à travers le théâtre et le cinéma, proposant des œuvres intègres qui exprimaient l’identité palestinienne et la résistance culturelle.
Le théâtre était la plateforme sur laquelle Mohammad Bakri renforçait sa présence artistique et humaine. Il a présenté des monodrames riches en symbolisme et en impact, tels que The “Pessoptimist“ et “Season of Migration to the North“. Il a travaillé avec des troupes de théâtre à Ramallah et à Gaza, se produisant en arabe, préservant la force de la parole palestinienne et la résilience de la cause.
Parmi ses œuvres les plus marquantes en tant que réalisateur, on peut citer le puissant documentaire “Jenin, Jenin“ (2002), qui documente avec rigueur et clarté les événements du camp de réfugiés de Jénine, devenant une référence artistique et une mémoire historique cruciales pour les générations palestiniennes, affirmant son engagement indéfectible envers la cause palestinienne et la recherche de la vérité.
Mohammad Bakri entretenait un lien très particulier avec le Freedom Theatre de Jénine, un théâtre fondé par le regretté Juliano Mer Khamis, avec lequel il partageait une profonde amitié et un respect mutuel. Il était un fidèle soutien des artistes de ce théâtre, il a participé au film “In Thousands of Silence“ produit par le théâtre en collaboration avec des partenaires, et était en pourparlers pour rejoindre le comité artistique de la prochaine production “The Martyrs Return to Ramallah“ de Walid Daqqa, confirmant son rôle à la fois d’observateur et de narrateur de l’identité palestinienne sur scène.
Mohammad Bakri laisse derrière lui un riche héritage artistique, ayant formé une nouvelle génération d’acteurs palestiniens, dont ses talentueux fils Saleh, Ziad et Adam Bakri, qui continuent à faire entendre la voix de la Palestine sur la scène artistique mondiale.
Son décès est un choc profond pour tous ceux qui l’ont connu, qui ont travaillé avec lui et qui ont suivi son parcours. Il était la voix inoubliable de la Palestine, un symbole de l’art résistant et créatif, et un véritable emblème de loyauté à la cause et à l’identité palestinienne.
Que Dieu lui accorde sa grande miséricorde et inspire à sa famille, à ses enfants et à ses admirateurs le courage face à cette grande perte
https://www.facebook.com/thefreedomtheatre?locale=en_GB (traduction JCP)
Message de Roland Nurier, réalisateur :
Mohammad tu n’as pas attendu le CLAP de fin ...
Tu laisses tes proches et tes amis dans une tristesse infinie.
Mohammad, c’est maintenant comme un mauvais film noir et blanc que je n’ai pas envie de réaliser.
Nous devions tourner ensemble au printemps prochain.
Tu voulais confesser dans ce film TON HISTOIRE, pour qu’elle ne soit pas racontée par l’occupant, à ta place,
comme tu te plaisais à le dire .
Mohammad, le vide que tu laisses est considérable.
Tu te soustrais au casting de ce prochain film sans prévenir !
Et ce film « PARALLEL PEOPLES, Mohammad Geronimo » est subitement orphelin de son comédien principal.
Et la Palestine pleure son ambassadeur culturel.
Nous pleurons l’artiste engagé, humble et humaniste.
Le raconteur d’histoires talentueux.
Je pleure le bel être humain et qui m’avait accepté comme ami.
Comme si les malheurs de la Palestine ne suffisaient pas.
Ta disparition rajoute une séquence sombre dont on se serait bien passée.
Ce « fondu au noir », je le déteste ce soir.
Tu seras à tout jamais dans nos cœurs.
Adieu Mohammad Bakri.
